Qu’est-ce qu’une bonne traduction ?

traduire, c'est transmettre une idée

Devant une telle interrogation, le traducteur de métier est saisi de trouble, presque de vertige. Peut-on répondre à une question aussi complexe ? Qui, en effet, dit le bon et le mauvais en ce domaine ?

Quelles conditions une traduction doit-elle remplir pour être jugée bonne ? Mais qui est le juge ou l’arbitre ? Quel sage ou quel savant ? Et les critères de la traduction littéraire ont-ils encore une utilité pour la traduction administrative ou technique ? Une traduction estimée bonne à une époque l’est-elle encore trente ans ou trois siècles plus tard ? Le client peut trouver mauvaise une traduction que le traducteur aura pensée bonne ; inversement, le client jugera bonne une traduction que le traducteur aura lui — même considérée comme médiocre, parce que faite, par exemple, sans la documentation voulue ou avec une précipitation impitoyablement imposée. La qualité d’une traduction est-elle un en soi, un absolu ? ou bien est-elle relative à un milieu, à une mentalité, à une époque ? Vaut-il mieux être infidèle avec élégance ou maladroitement fidèle ? Pourtant, n’y a-t-il pas un minimum qu’aucun traducteur ne pourra transgresser, sous peine de trahir ?

Gide, écrivain qui fut aussi traducteur, pensait que le métier de traducteur était si difficile, et important, qu’il fallait être écrivain professionnel pour l’exercer. Sans doute, il parlait de la traduction littéraire, mais son exigence s’applique tout autant à nous, si nous limitons la qualité d’écrivain à celle de rédacteur, autrement dit, de celui qui excelle à manier la langue, sans être forcément un créateur littéraire.

Pour préparer cet exposé, j’ai réfléchi, bien sûr, sur ma propre pratique de traducteur, de rédacteur, d’écrivain. Mais j’ai lu aussi ce que bien des traducteurs, qui ont réfléchi avant moi, ont écrit sur ce qu’ils estimaient être une bonne traduction. J’ai également porté mon regard sur le travail des autres, que j’ai pu apprécier comme réviseur, comme pédagogue et formateur, comme correcteur ou appréciateur. Je vais essayer de proposer des éléments de réponse, mais, dans ce domaine du relatif, je ne m’aventure qu’avec précaution, avec crainte même, car il n’est pas de réponse vite faite à la question posée : « Qu’est-ce qu’une bonne traduction ? »

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